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Dle Yaman

9 Mai 2015, 11:07am

Publié par Baida

Il est des mélodies qui traversent le temps, Dle Yaman, ancienne mélodie arménienne sans doute bien antérieure au génocide arménien, est l'un de ces airs intemporels et universels, que le révérend Komitas a répertoriée dans ses recherches musicologiques.

Le texte est une histoire d'amour. Un homme aima une femme, ou une femme aima un homme. Leur maison était l'une en face de l'autre. Le reste tient du mystère. L'aimé a sans doute disparu, l'amoureux chante donc la perte de sa bien-aimée. Ou bien est-ce le contraire, car on ne sait s'il s'agit d'un homme ou d'une femme… Et le jour se leva sur la montagne, comme un glas qui sonne, qui résonne dans le ciel.

Ce poème des lèvres absentes coule avec la limpidité tragique d'une source. L'équilibre entre le texte et la musique est un vrai miracle, d'où son universelle présence. Le duduk perpétue, avec ses volutes colorées sur l'ostinato du bourdon, la gravité de la mélodie dans toute sa haute profondeur. On y respire une tristesse profonde où se mêlent des images de paysages, des parfums de terre, des souvenirs d'un autre temps, le Massis (il s'agit ici de l'Ararat, la montagne, symbole du peuple arménien), des larmes, celles d'une perte irréparable, celles de l'être cher, perdu à jamais.

Dle Yaman, notre maison, votre maison, face à face,

Dle Yaman, cela suffit avec tes clins d'œil,

Yaman Yaman Bien-aimé(e)
Dle Yaman, cela suffit avec tes clins d'œil,
Yaman Yaman Bien-aimé(e)
Dle Yaman, le soleil se leva sur le Massis
Dle Yaman, nostalgique je suis de mon amie,
Yaman Yaman Bien-aimé(e)
Dle Yaman, nostalgique je suis de mon amie,
Yaman Yaman Bien-aimé(e)

Traduction de Serge Venturini, Éclats d'une poétique de l'inaccompli, éditions L'Harmattan.

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