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Un sacré mystère

2 Octobre 2016, 09:55am

Publié par Natacha

Un sacré mystère

Un mystère a longtemps plané dans ma tête, avant de se poser sur une branche de ma conscience. Ce mystère avait une sacrée envergure et je l'ai approché tout doucement, d'abord parce que je voulais éviter qu'il s'envole, et puis aussi parce que j'avais un peu la frousse. Ce mystère, c'est celui de la présence de Dieu.


J'arrivais pas à comprendre pourquoi Dieu qui était soi-disant partout, on le voyait nulle part. Or un jour, je me suis réveiller tout ensoleillée de bonheur. Ça m'arrive des jours, je sais pas pourquoi, j'ai tellement de ciel bleu à l'intérieur de moi que j'ai l'impression d'avoir mangé de l'infini. Ça te fait mousser le coeur, ça te monte à la tête, et tu te sens pétiller. C'est comme si tu avais bu un peu trop de champagne. Tu titubes d'allégresse. C'est grisant, suave et exquis!


Tu sais comment les Grecs ont baptisé ce pétillement de l'être ? Enthousiasme. Paraît-il, cela veut dire exaltation produite par l'inspiration divine. C'est le Dieu intérieur. On ne lui prête guère d'attention parce qu'il se fait tout petit-petit, et que bien souvent il y a un vantard au-dedans de soi qui lui prend la parole, et qui s appelle le MOI. Voilà, voilà.


Ainsi donc, j'étais tout ivre d'allégresse, et je me suis aperçue que cette euphorie était sans raison. Je me suis dit: s'il n'y a pas de raison, il y a peut-être de la passion. Et c'est alors que j'ai entendu : « Je t'aime ». Ça alors ! J'te jure que j'ai failli tomber en pâmoison ! Ce Je t'aime, je ne l'ai pas entendu dans le creux de l'oreille, c était beaucoup plus fort que ça : je l'ai entendu par l'esprit, par le corps, par le coeur. Une tendresse infinie qui serait montée comme une mer intérieure pour t'immerger. Et j'ai compris que c'était Dieu qui m'avait submergée et subjuguée. Là, tu ressens un sentiment océanique, et tu ressors en île, tout éclaboussé de bonheur. Alors a commencé entre lui et moi une grande histoire d'amour.


Depuis que je connais Dieu, j'ai beaucoup changé. Oh! de l'extérieur je n'ai pris que quelques centimètres, mais j'ai peuplé mon royaume intérieur de plusieurs milliers de sujets d'intérêt, et je suis bien décidée à ne pas en rester là ! Voilà, voilà avant, je n'étais qu'un petit bout de femme de rien du tout; maintenant, je suis une créature unique, parmi des milliers de milliers. C'est une sacrée métamorphose qui est à la portée de tout le monde, à une condition aimer et se sentir aimé. Pour de vrai, et pour toujours.


Il me rend tellement heureuse, Dieu, que j'aimerais parfois qu'il soit à moi toute seule, comme un fiancé. Ce que j'arrive pas à comprendre c'est qu'il n'appartient à personne et qu'il est à tout le monde. Il est à la fois public et privé, impersonnel et intime, invisible et présent. Mais je crois que c'est mieux comme ça s'il était trop présent, ça ferait des jalousies et des histoires, des sous-entendus et des messes basses, des pleurs et des grincements de dents, des déchirures et des divorces, peut-être même des illusions perdues. On finirait par ne plus y croire, je veux dire par ne plus croire en lui.


Tandis que là, tu comprends, il ne force jamais ton coeur: tu peux lui faire la tête un jour, il ne t'en voudra pas le lendemain C'est un sacré chic type, au fond. Il est là pas seulement quand il a envie d'être là, mais quand on a besoin de lui, même dans les pires moments. Et ça, c'est drôlement rare. Quand il dit Je t'aime, ce n'est jamais du bout des lèvres, c'est à Pleine tendresse, avec tout l'amour du monde et puis l'accent de son pays, et puis aussi sa manière de fabriquer en un clin-Dieu des instants d'éternité.


De temps en temps, j'aimerais passer de l'autre côté, mettre un pied dans le monde invisible, juste pour voir. Mais justement puisque c'est invisible, il n'y a rien à voir ! C'est bizarre, j'ai l'impression qu'il suffirait de se boucher les yeux pour voir autre chose que ce qu'on voit avec les yeux; peut-être bien que le monde invisible, c'est plus beau et plus vrai que le monde visible ! Comment savoir ? Parfois, j'ai envie de bien ranger les tiroirs qui sont dans ma tête, comme s'ils contenaient des messages importants Trier, ne conserver que l'essentiel, faire le vide pour faire un peu plus de place à Dieu, pour m'emplir de divin, quoi ! Je voudrais qu'il m'en fasse voir de toutes les couleurs de l'arc-en ciel, qu'il m'abandonne à moi-même, qu'il fasse semblant de ne pas exister, et puis au dernier moment, au pire moment, qu'il vienne me dire dans le creux de l'oreille : « T'en fais pas, Jade, je suis là ! C'était juste pour voir si tu m'aimais vraiment... »

Jade et les sacrées mystères de la vie

François Garagnon

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